Burundi : IWACU - Les voix du Burundi
Article du 16/08/2008
Orphelins Chefs de Ménage (OCM)
par Nzohabonayo Dima
Estimé à plus de deux cents mille, les orphelins sont doublement condamnés par la vie. A la perte des parents s’ajoutent souvent les difficultés liées au combat pour leur survie. Parmi eux des mineurs, qui ont à s’occuper de leurs petits frères et sœurs. Ce sont les orphelins chefs de ménages (OCM).
"Mes parents sont morts quand j’étais à l’école primaire », raconte avec tristesse M. Elle est orpheline chef d’un petit ménage. Elle vit avec ses deux soeurs. Originaire de Bujumbura rural, elle grandit dans un camp de déplacés de Kabezi quand survient ce drame familial. Pendant trois mois, une tante l’héberge avec ses deux petites sœurs. Menant une vie difficile, elles sont placées dans un foyer d’accueil. Mais sa vie va bientôt s’envenimer. Ses tuteurs lui font passer des examens médicaux d’usage et la petite fille apprend qu’elle a le Sida, probable cause de décès de ses parents. De la maladie, elle ne sait rien sinon que les adultes en parlent comme d’une « mauvaise chose ». Sa nouvelle vie s’avère pénible.
Elle commence un traitement qui l’empêche de vivre comme les autres petites filles de son âge. « Quand l’heure sonnait de prendre les médicaments, je me sentais mal. Je devais toujours trouver des prétextes pour quitter mes camarades qui ignoraient tous ma maladie », confie-t-elle. Quelques fois, elle recrachait les comprimés en cachette mais son état se dégradait aussitôt. Elle prend alors conscience qu’elle doit suivre le traitement pour vivre longtemps, aux côtés de ses petites soeurs.
La plupart des orphelins chefs de ménages sont des orphelins de guerre et surtout du Sida. Les proches parents, suite à l’ignorance, les stigmatisent. Une fois leur état sérologique connu, ils sont mal vus au sein de la famille qui commence à les écarter des autres enfants pour éviter la contamination. Jean Marie Kazoviyo, psychologue à l’APECOS (Association de Prise En Charge des Orphelins du Sida) affirme qu’à cause du VIH, les enfants sont discriminés par les proches familles. Il pointe du doigt la dégradation des mœurs au sein de la société burundaise. P. qui est la copine d’infortune de M. est un exemple typique [...]
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Informations sur le pays:
Le Burundi depuis son indépendance en 1962 est caractérisé par des guerres civiles cycliques dont la plus grave fut celle de 1993 qui perdure malgré tout aujourd'hui ... Les conséquences du conflit burundais sur les populations civiles sont catastrophiques : malnutrition, manque d'eau, analphabétisme, maladies, violations des droits de l'homme, destruction d'infrastructures, flux importants de réfugiés, faible accès aux moyens d'informations et de communuation etc...
Le Burundi a une population totale d’environ 7 211 350 habitants sur une superficie de 27834 km (UNFPA). La tranche d’age de moins de 15 ans totalise 48% de la population alors que l’espérance de vie a la naissance est de 47.6 ans. Le PIB par habitant est de 90 USD. On notera que 68 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En plus des ravages de la guerre et de la pauvreté, on enregistre un taux de prévalence du VIH/SIDA parmi les plus élevé de l'Afrique des Grands Lacs.
On dénombre, selon le rapport du Burundi à ONUSIDA en 2006, 396.916 séropositifs dont près de 33% sont des femmes (130.000). Le nombre de décès est de 25.000 en 2004 tandis que le nombre d’orphelins du fait du SIDA est estimé à 200.000.
Même si les orphelins sont accueillis dans des familles, le dénuement qui frappe la plupart des ménages,ils sont considérés comme une charge supplémentaire aggravant ainsi l’appauvrissement de la communauté. Ces orphelins se trouvent ainsi dans une situation de vulnérabilité dans les domaines de l’alimentation, les soins de santé et l’éducation dans la mesure où les familles tendent à veiller d’abord à leurs propres enfants déjà nombreux. Ces enfants ne reçoivent rien en héritage de leurs parents qui meurent dans un état de détresse économique à cause de l’incapacité physique et des dépenses prohibitives en soins de santé.
Apprendre qu'il y a plus de 200.000 orphelins du sida au Burundi est énorme. Parmi eux, nombreux doivent subvenir aux besoins de leur frères et soeurs. Heureusement, il existe des associations et ONG qui apportent assistance à ces orphelins en leur assurant une prise en charge globale, comme l'ONG APECOS.Cette dernière a pour objet d'apporter assistance aux orphelins du sida abandonnés à eux même. Elle intervient notamment dans l'assistance alimentaire, scolaire, sanitaire et psychologique des orphelins. Elle mène également des actions de sensibilisation et de prévention du VIH/SIDA. Le travail de ces ONGs est remarquable.
Cependant, le Burundi s'est au 17e sommet mondial contre le Sida qui s’est tenu au Mexique. Raison de lancer un cri d’alarme aux pouvoirs publics.










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